Somewhere to live

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BUENOS AIRES_ARGENTINA_2012/2015

[FR]
Habiter malgré tout, construire seuls mais ensemble. La nuit, les otages d’un système économique et urbain se lancent à la conquête de terrains vides de constructions, en l’espace de quelques heures. Des parcelles commencent à apparaitre, des tentes à pousser, qui en quelques jours prendront des airs d’un chez soi en transition et d’un quartier dont on osait plus rêver. S’organiser, résister face aux expulsions et à la répression, négocier avec des pouvoirs publics souvent absents, revendiquer simplement son droit à habiter et à payer un loyer, comme les autres.

Cette histoire d’habiter se déroule à Buenos Aires, de son centre dense à ses périphéries, où le droit au logement, droit fondamental, est mis à mal par la spéculation immobilière, la précarité du travail mêlé parfois à un manque de volonté politique.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Dans la capitale intra-muros on compte 225.016* logements vacants, 500.000** personnes en situation d’urgence habitationnelle sans compter les 275 000** personnes vivant dans des bidonvilles. La situation dans la banlieue n’est guère meilleure bien que la place pour construire ne manque pas. Avec environ 35% de la population en situation de travail précaire ou illégal, obtenir un contrat de location ou un crédit pour l’achat d’un terrain est presque mission impossible. Un problème qui touche aussi bien les argentins que les populations issues des pays limitrophes venues pour chercher un travail et une meilleure situation. Alors que les projets spéculatifs comme les gated-communities fleurissent, la pression populaire et son mal d’habiter gronde, poussant ces travailleurs sans toit à occuper des terrains souvent laisser sans affectation par les propriétaires à des fins spéculatives. En effet, plus la ville avance, plus les terrains pourront intéresser des investisseurs à un prix plus avantageux pour les propriétaires.

Entre pression immobilière et pression populaire, la ville latino-américaine se développe ainsi à vitesse grand V, et nous propose de nouveaux modes de faire et de résistances. Des modes de faire et de créer la ville qui reviennent aujourd’hui sur nos territoires européens, à une échelle toujours plus importante. Rattraper par de nouvelles précarités, il ne nous reste alors qu’à inventer et s’inspirer des futurs possibles imaginés à mille lieux d’ici.

*Chiffre d’après le recensement national de 2010
**Chiffres d’après l’agencia nacional Telam

[ES]
Habitar a pesar de todo. Construir solo, pero juntos. La noche, los rehenes de un sistema económico y urbano se atreven a soñar y conquistar terrenos, vacíos de edificaciones, en pocas horas. Aparecen lotes, crecen las carpas que en breve se convertirán de un hogar en transición y en un barrio en el cual ya no soñaban. Organizarse, resistir frente a los desalojos y a la represión, negociar con los poderes públicos a veces ausentes, reivindicar simplemente su derecho a habitar y pagar un alquiler, o una cuota, como otros

Esta historia de habitar ocurre en Buenos Aires, de sus centros densos hasta sus periferias donde el derecho a la vivienda, derecho fundamental, sufre de la especulación inmobiliaria, de la precariedad laboral al cual se suele sumar una falta de voluntad política.

225.016 viviendas ociosas, 500.000 personas en situación de emergencia habilitación, 275.000 viviendo en villas y asentamientos. Estas son las cifras de la realidad porteña. En el conurbano, la situación no tiende a ser mejor aunque no falte espacio para construir viviendas. Con un alto porcentaje de la población, afectada por el trabajo precario, es misión imposible obtener un contrato de alquiler o un prestamo para comprar un terreno. Mientras proliferan los proyectos de gated-communities ( barrios cerrados ), la presión popular y su dificultad para habitar crecen, empujando estos trabajadores sin techo a ocupar terrenos, la mayoría dejado a la especulación. Mas avanza la ciudad hacia sus periferias, mas la tierra aumenta su valor. Esperar para vender mejor. Esperar para vivir ?
Entre presión inmobiliaria y presión popular, la ciudad latino-americana se desarrolla en gran parte desde las manos de los que la habitan, proponiendo así nuevos modos de hacer frente a la inacción de otros. Son nuestros vecinos, son habitantes, son constructores y gestores de su propio territorio, transformando el pasto en barrio. Buscan defender su dignidad dentro de un presente precario, y de un cotidiano a reinventar para construir otro futuro que empieza con techo y puerta.

[EN]
Live anyway, build alone but together. During the night, the hostages of an economic and urban system is out to conquer land empty of buildings in the space of a few hours. Plots begin to appear, tents grow , which will take in a few days the air of home and a transition area which we dared to dream. Organizethemselves, resist face to eviction and repression, negotiate with authorities often absent, simply claim the right to live and pay rent, as everyone This story takes place tin Buenos Aires, from its dense center to its suburbs, where the right to inhabit as a human basic right, is challenged by property speculation, tsometimes precarious work mixed with a lack of political will. The numbers speak for themselves. In the capital there are 225,016 vacant housing, 500,000 people in emergency ,without counting the 275,000 ** people living in slums. The situation in the suburbs is not much better although the place to build does not fail. With about 35% of the population living in precarious or illegal work, obtain a lease or a credit for the purchase of land is almost an impossible mission. A problem that affects both the Argentine population and neighboring countries came to look for work and a better situation. While speculative projects such as gated-communities flourish, popular pressure and bad of living rumbles, pushing these homeless workers for land often leave unaffected by the owners for speculative purposes. The more the city ahead, more land will interest investors at a lower price for the owners. Between real estate pressure and popular pressure, the Latin American city is growing and at great speed, and propose new ways of doing .