I WAS, I AM…I WILL

Coup de coeur de la Bourse du Talent Portrait 2016 / Mentioned in ” Bourse du Talent ” Portrait 2016

[FR]
Le smartphone, objet omniprésent dans nos sociétés, décrié parfois pour sa capacité à nous déconnecter du monde réel, des échanges en chair et en os, prend dans la New Jungle de Calais, veritable territoire de l’attente aux portes de l’Angleterre, une toute autre dimension. Ce petit objet du XXI siècle est un concentré de la mémoire de l’exilé et sa connection avec le futur rêvé, mais aussi avec le présent souvent trop long, et qui lui échappe parfois. Pas une conversation sans qu’il apparaisse, pour montrer la carte du pays laissé, une photo de sa famille ou encore un portrait de soi, avant, bien coiffé, bien habillé. Cette série de doubles portraits est composée tout d’abord d’un détail des mains de la personne tenant son téléphone. Sur ce dernier, se trouve une photo choisie par le protagoniste. Vient ensuite un portrait l’ environnement actuel, dans notre cas la New Jungle de Calais. Le point de départ de ce projet va au-delà de l’importance du smartphone. Il part aussi d’un constat simple, celui du traitement dans les médias ou dans l’imaginaire collectif des personnes réfugiées comme une masse uniforme, oubliant qu’il existe derrière la diversité des histoires, des situations, des raisons, et faisant de la condition de réfugié une identité en soi, alors qu’il est un état transitoire et souvent nouveau, pour une partie des personnes présentes à Calais.

[EN] The smartphone, ubiquitous object in our societies, sometimes criticized for its ability to disconnect us from the real world, the flesh trade. In the New Jungle of Calais, a slum in the Northern part of France where refugees wait to cross to England, take especially another dimension. This small object of the XXI century is a concentrate of the memory of the exile and its connection with the future dreamed but as well with the present, sometimes longer than they would like. In any conversation, it appears to show the map of the country left, a photo of the family or a self-portrait, well capped, well dressed. This series of portrait is thinking as dyptiches. The first picture is a detail of the hands of the person holding the phone. On the screen, there is a picture chosen by the protagonist, to tell something about him and the “ before”. Next comes a portrait in the current environment in Calais. The basic point of this project goes beyond the importance of the smartphone. Also part of a simple observation that the treatment in the media or in the collective imagination of refugees as a uniform mass, forgetting that there behind a diversity of stories, situations, reasons, and making the refugee status an identity in itself, while it is a transition status.