Bucarest, intimy of a Tabula Rasa

 

Nous sommes 20 ans après, sur la terre d’un vieux monastère, rasé à l’époque par la folie architecturale d’un dictateur voulant y construire une base nautique qui ne verra jamais le jour. Aujourd’hui seuls quelques abris de fortunes et promeneurs solitaires s’aventurent dans cette jungle encerclée par d’interminables quartiers de logements collectifs aux façades défraichies par le temps-des grands ensembles dirait-on ici-  le regard tourné malgré eux vers la ville en marche. Des grands ensembles où (presque) rien n’a changé, où le temps n’a pas toujours permis d’achever les espaces publics initialement prévus, et aujourd’hui offerts à la spéculation omniprésente. Pendant ce temps, aujourd’hui encore et demain toujours, la ville tombe sous les pelleteuses affamées des grands projets ou bien se laisse mourir d’elle-même, résignée mais toujours fière s’offrant ainsi aux récupérateurs urbains avides de matières premières. Cette histoire urbaine n’est pas une histoire lointaine. C’est une histoire presque d’ici…l’histoire de nos voisins. C’est l’histoire de Bucarest 20 après la fin du régime de Ceausescu.